Le Mas Sophia Ă  Labeaume

Il est au sud du département de l’Ardèche, une petite commune, située entre trois rivières, la Ligne, L’Ardèche et la Beaume, dont le village éponyme est caché dans les gorges, au cœur du somptueux plateau des Gras.

Ce village, classé comme un des plus beaux villages de France, est bâti sur un site troglodytique, ce qui a donné son nom et celui de la rivière. En effet, « beaume », « Baoumo » en patois occitan veut dire grotte.  Depuis la place du Sablas, et son pont submersible, on peut remonter vers sa remarquable église, au clocher décalé, construit sur des piliers de pierre, et en poursuivant la montée dans les calades de pierre, on trouvera les ruines de l’ancien château.

Il faut également visiter les jardins suspendus, un peu plus en amont de la rivière, ceux du Recatadou, ou ceux encore plus impressionnant de l’Echelette, pour découvrir le courage et la patience de nos anciens, qui ont pu ravir quelques mètres de terres cultivables pour leurs jardins accrochés aux parois abruptes des falaises.

Il faut ensuite monter sur le plateau des gras, pour découvrir une faune et une flore sauvage rare et parfois endémique, ainsi que les trésors archéologiques et architecturaux de cet ensemble karstique sans autre équivalent en France.

C’est sur ce plateau, dans le hameau remarquable de Champrenard que se situe le Mas Sophia.

Un peu d'histoire

Le Mas Sophia, ancienne propriété Sévenier,  est une ancienne magnanerie du XVIIIe et XIXe siècle, bâtie avec la pierre de Labeaume à partir d’une construction plus ancienne, peut-être du XVe ou XVIe siècle.  Ces bâtiments, entièrement voués à l’élevage du Ver à Soie, sont typique de notre région, et surtout de notre commune, qui fut une des plus importantes communes séricicoles de France. Le Bâtiment principal, construit sur un rez- de chaussée en voutes de pierre dévolu aux animaux de la ferme (chèvres, moutons, cochon, etc..) comprenait à l’étage une partie habitation, avec ses sols en pierre, et une partie purement réservée aux « magnans », les vers à soie. Chaque pièce composant cette partie était équipée de cheminées sommaires dans chaque angle, pour maitriser la température nécessaire d’abord à l’éclosion de la « graine » (les œufs) et ensuite au développement du ver.

Également à l’étage, une terrasse couverte et aérée, le « couradou » ou l’on faisait chauffer l’eau et bouillir les cocons afin de procéder au défilage de la soie. Un autre bâtiment fermant la cour était lui aussi dévoué à l’élevage du ver à soie.

Tout autour des bâtiments le terrain était planté de muriers blancs, dont subsistent encore une quinzaine de sujets, dont un devant l’entrée que l’on dit dater d’Henri IV.  Le fameux Olivier de Serre*, et son Domaine du Pradel à Villeneuve de Berg est peut-être l’instigateur de sa plantation.

Dans le pré devant la maison, nous cultivons aujourd’hui diverses plantes aromatiques en bio, que nous incorporons dans nos savons sous forme d’huiles essentielles et de macérats.

Sur la commune de Labeaume, on dénombrait au XIXe siècle des dizaines de magnaneries, plus ou moins grandes, la plus grosse, non loin de chez nous étant celle de l’Abeille, qui faisait au temps de sa splendeur travailler prés de 80 personnes, juste pour le ramassage des feuilles du murier.

Cette époque fut l’âge d’or de notre région, permettant de passer d’une économie rurale de subsistance très difficile à une prospérité favorable à la construction de ces grandes bâtisses et à l’enrichissement d’un certain nombre de familles.

On peut voir encore en se promenant de nombreux muriers qui témoignent de cette époque.

Les mûriers du Mas Sophia